Il c retrouvR 2 coupl, garson rolist, fil pa intRSé, a l oKzion d 1 soiré. O fil dé convRsacion, voila ke le suG oni, le jeu de rol, débark an fanfar. É lé voici (garson) 2 raconté lR derniR canpagn d ADD, é koman le Mange l Eil du KO a poursuivi lé PJ an atakan lEr poin 2 vizion a gran cou 2 D20. Eureuzman ke le grobil du group avè 1 artefact 2 pouvoir +10, le MJ n'aian pa la moindr anvi d utilizé dé PNJ pour lR sové la miz.

Figuré vou kel non ri1 conpri, é ne san trouvR pa plu intRSé par le suG aprè se mémorabl réci.

Et en français...

Anecdote à propos de la communication

Ils se retrouvèrent deux couples, garçons rôlistes, filles pas intéressées, à l'occasion d'une soirée. Au fil des conversations, voilà que le sujet honni, le jeu de rôle, débarque en fanfare. Et les voici (garçons) de raconter leur dernière campagne d'AD&D, et comment le Mange-l'oeil du Chaos a poursuivi les PJs en attaquant leurs points de vision à grands coups de D20. Heureusement que le grosbill du groupe avait un artefact de pouvoir +10, le MJ n'ayant pas la moindre envie d'utiliser des PNJs pour leur sauver la mise.

Figurez-vous qu'elles n'ont rien compris, et ne s'en trouvèrent pas plus intéressées par le sujet après ce mémorable récit.

Juste pour rigolez, voyez combien de temps il vous faut pour décoder le texte SMS précédent, comparé à sa version en français.

Mais ce que je voulais souligner est ailleurs. Dans le commerce, quelqu'un achète un bien à un prix acceptable, le vendeur vends sa marchandise également à un prix acceptable. On parle de relations gagnant-gagnant (win-win en anglais). J'ai bien dit prix acceptable. Trop élevé pour l'acheteur, trop bas pour le vendeur. Les marchandises changent, les intervenants également, ainsi que les finesses de la négociation s'il y en a. Mais le principe reste.

Concernant la communication, un principe semblable s'applique. Quelqu'un a un message à faire passer, et d'autres le reçoivent. Pour émettre le message, il faut le délivrer avec un effort acceptable, et pour que le message soit reçu, il faut qu'il soit compréhensible avec un effort acceptable.

Pour ma part, les textes en style SMS, je ne les lis pas. L'effort de lecture est trop important, et considérant que l'écrivain n'a pas jugé l'effort d'écrire correctement acceptable, le message ne saurait justifier un effort et de mon temps. Dans la même veine, j'ai reçu des dossiers de candidature à la lettre de motivation photocopiée sur un livre (pas loin) : effort du postulant = 0, mon effort = 0, classement vertical. Ou des dossiers de 5 centimètres d'épaisseur. Soit, le candidat souhaite se montrer à son avantage. Mais n'a pas une seule seconde considéré l'effort nécessaire à l'évaluation de son dossier. Classement vertical.

Si le dictionnaire existe, en français ou dans d'autres langues, c'est parce que pour se faire comprendre il est nécessaire de parler le même langage que les gens à qui on s'adresse. C'est une convention commune qui facilite la communication.

Certains me qualifieront de psychorigide, de moralisateur, voire d'intolérant. Je répondrais simplement qu'un texte écrit clairement en français (ou dans une autre langue que je comprend) - pas obligatoirement exempt de fautes d'orthographe ou de grammaire, mais soigné - facilite grandement la lecture et la compréhension. C'est à la fois respectueux des lecteurs et du message transmis. Après tout, le temps et les efforts des lecteurs valent bien ceux de l'écrivain, ou pire, de l'usure excessive des claviers fussent-ils de téléphone mobile.

Et l'évolution de la langue dans tout ça ? Que dire des languages techniques. La situation présentée ci-dessus est typique. On utilise, selon le domaine, nombre de termes très spécifiques et bien souvent empruntés à d'autres langues. Ainsi, le mot internet qui était un nom propre d'origine anglaise est maintenant passé dans le langage courant sous forme de nom commun. Il en va de même pour email. L'Académie a créé (malheureusement) le mot mél, que personne n'utilise. Les québécois utilisent courriel, et email est compris de tous. Lorsque les choses spécifiques deviennent communes, les termes qui s'y rapportent également. Et contribuent à l'évolution de la langue.

Il n'en demeure pas moins qu'un langage commun est nécessaire pour communiquer. Il suffit d'écouter deux développeurs de logiciel discuter boulot pour comprendre, lorsqu'on ne l'est pas soi-même, qu'on ne comprend rien et qu'ils se comprennent parfaitement.

Et bien sûr, tout mon propos s'applique également à la langue parlée.

La conclusion sera évidente pour tous : si vous souhaitez être entendus ou lus, utilisez le même langage que vos correspondants. Ils vous en seront gré, même silencieusement, et votre message aura l'attention qu'il mérite. Et sur Aufil, c'est le français. Ce n'est ni IRC, ni un SMS.

Je vous remercie de l'effort et du temps consacré à lire mon article, que j'espère compréhensible. Car j'espère qu'il sera lu. Et compris.

Maintenant, invectivez-moi. Je suis heureux : - )