Permettez-moi une minute de déformation professionnelle.
Ce qui me frappe dans ces réflexions et après une lecture attentive du débat sur la tribune , c'est la confirmation que nous sommes tous des culpabilisés. C'est pas nouveau: ça fait quatre siècles qu'on y travaille.
Notre orthographe n'a pas changé depuis le 17e, et notre langue s'est à peine permis quelques innovations. Le système scolaire la maintient artificiellement et l'apprentissage de notre langue réside surtout dans le fait de nous faire croire que la seule différence entre langue écrite et langue orale est le support de la communication. C'est faux. Personne ne parle comme il écrit. Et la génération des SMS (et même des tribunes) l'a bien compris: la communication sur le vif est le domaine de la parole, non de l'écrit. Et ça me semble assez cohérent de développer un nouvel outil pour cette nouvelle forme de dialogue.
Cela dit, ce nouveau code nécessite qu'on le connaisse sous peine d'être exclu de la discussion. C'est peut-être là que se trouve le plus difficile: quand et à quel moment utiliser quoi? Le décalage peut parfois ressembler à celui qui naît lorsque l'on tape sur l'épaule de la reine d'Angleterre. Il y a des codes à respecter: la communication est peut-être le domaine le plus réglementé de notre vie sans que l'on s'en rende compte. Et ce genre de coups de gueule (cette alerte) a peut-être simplement comme but de renégocier des règles tacites (on a dû faire la même chose avec l'apparition des Natels).
Le français est la seule langue qui a fait de l'orthographe un sport (aucune autre langue ne fait de concours de dictées), et malheureusement la norme reste un moyen de ségrégation sociale. Ce système est si bien implanté que même les tentatives de réformes les plus anodines visant à tenter d'éliminer les plus grosses incohérences échouent et se heurtent à un mur érigé par les puristes. Ne soyons pas plus royalistes que le roi: relisez-vous et vous verrez que même en accusant les mauvais orthographeurs on tombe dans le piège
Et cessons de culpabiliser une nouvelle génération qui fait ce qu'elle peut avec ce qu'on lui lègue, et qui se permet d'innover et d'adapter la langue à ses nouveaux besoins. Comme toute transition, celle-ci nécessite bon nombre d'adaptations.
La tolérance va dans les deux sens: sans lois, c'est le Chaos, et sans mouvement, ben c'est la Loi.
Permettez-moi une minute de déformation professionnelle.
Ce qui me frappe dans ces réflexions et après une lecture attentive du débat sur la tribune , c'est la confirmation que nous sommes tous des culpabilisés. C'est pas nouveau: ça fait quatre siècles qu'on y travaille.
Notre orthographe n'a pas changé depuis le 17e, et notre langue s'est à peine permis quelques innovations. Le système scolaire la maintient artificiellement et l'apprentissage de notre langue réside surtout dans le fait de nous faire croire que la seule différence entre langue écrite et langue orale est le support de la communication. C'est faux. Personne ne parle comme il écrit. Et la génération des SMS (et même des tribunes) l'a bien compris: la communication sur le vif est le domaine de la parole, non de l'écrit. Et ça me semble assez cohérent de développer un nouvel outil pour cette nouvelle forme de dialogue.
Cela dit, ce nouveau code nécessite qu'on le connaisse sous peine d'être exclu de la discussion. C'est peut-être là que se trouve le plus difficile: quand et à quel moment utiliser quoi? Le décalage peut parfois ressembler à celui qui naît lorsque l'on tape sur l'épaule de la reine d'Angleterre. Il y a des codes à respecter: la communication est peut-être le domaine le plus réglementé de notre vie sans que l'on s'en rende compte. Et ce genre de coups de gueule (cette alerte) a peut-être simplement comme but de renégocier des règles tacites (on a dû faire la même chose avec l'apparition des Natels).
Le français est la seule langue qui a fait de l'orthographe un sport (aucune autre langue ne fait de concours de dictées), et malheureusement la norme reste un moyen de ségrégation sociale. Ce système est si bien implanté que même les tentatives de réformes les plus anodines visant à tenter d'éliminer les plus grosses incohérences échouent et se heurtent à un mur érigé par les puristes. Ne soyons pas plus royalistes que le roi: relisez-vous et vous verrez que même en accusant les mauvais orthographeurs on tombe dans le piège
Et cessons de culpabiliser une nouvelle génération qui fait ce qu'elle peut avec ce qu'on lui lègue, et qui se permet d'innover et d'adapter la langue à ses nouveaux besoins. Comme toute transition, celle-ci nécessite bon nombre d'adaptations.
La tolérance va dans les deux sens: sans lois, c'est le Chaos, et sans mouvement, ben c'est la Loi.
Wal-kiki-rie